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11.03.2007
Réflexions sur la médecine et la santé
S'il paraît excessif de considérer, dans le contexte de chômage de masse que connaît la France, que le corps médical est sinistré, il n'est sûrement pas exagéré d'en faire une profession en crise. Depuis plusieurs années déjà, les conditions d'exercice ont changé au rythme des bouleversements qui agitent la société dans son ensemble. La bureaucratie a fait son entrée pernicieuse dans les cabinets médicaux : sous prétexte de rationaliser les soins et de simplifier les remboursements aux assurés, les contraintes d'ordre administratif , dévoreuses de temps, n’ont cessé de s'accroître. La baisse du numerus clausus à la sortie de la première année médecine a abouti à une carence des effectifs médicaux, cruciale en zone rurale, avec son cortège de difficultés en matière de permanence des soins, et ses praticiens stressés aux emplois du temps surchargés . La judiciarisation galopante des relations médecin – malade traumatise les professionnels de santé, oblige certains spécialistes à contracter des assurances au coût prohibitif et décourage les vocations de chirurgiens et d’anesthésistes. Enfin, le fait d'être désigné par les médias et les autorités comme unique responsable des déficits des comptes sociaux n’a rien d’encourageant… Et la dernière réforme de l'assurance maladie (choix d'un médecin traitant, organisation d'une filière de soins généralistes-spécialistes, contribution de 1 euro par patient par consultation) ne semble pas être de nature à leur redonner foi en l'avenir : sur 14 000 médecins ayant répondu à l'enquête diligentée par l'UDF à l'automne 2005, seuls 14 % ont estimé que c'est une bonne réforme... Un de ses principaux défauts étant, quoi qu'on en dise, de compromettre l’équité dans l’accès aux soins en instaurant une « médecine à deux vitesses » avec d'un côté, la population capable financièrement de supporter des dépassements d'honoraires et des franchises de plus en plus importantes, et de l'autre... les autres. Est-ce cela que veut la République Française ?
Où sont les solutions ? Il n ‘y a sûrement rien de simple , mais le projet santé de François Bayrou apporte des éléments de réponse. Il s'articule autour d'une vraie régionalisation de la santé, permettant d'adapter au mieux l'offre de soins aux caractéristiques démographiques et sanitaires de chaque région, de régler au plus près le problème de la désertification des zones rurales( 200 communes françaises n’ont plus de généraliste )et de responsabiliser plus directement les différents partenaires, professionnels de santé et assurés sociaux. Il sera enfin possible de pointer réellement du doigt les disparités régionales dans la prise en charge des patients : un praticien de province n’a pas à être mis dans le même sac que ses confrères des régions Parisienne et PACA qui dépensent deux fois plus pour leurs patients sans justification sanitaire et appliquent souvent des dépassements d’honoraires qui oublient « tact et mesure ». De même, le projet met l'accent sur l'une des carences cruciales de notre système de soins, la prévention, et vise à mettre en oeuvre d’une vraie et vaste politique d'éducation à la santé, pilier de la maîtrise médicalisée des budgets.
Dans tous les pays développés, les dépenses de santé ne cessent d'augmenter, allant jusqu'à représenter 15 % du PIB aux États-Unis, contre 10 % en France. Le vieillissement de la population en est responsable, ainsi que l'amélioration des techniques de diagnostic et des thérapeutiques, et les exigences galopantes des patients auxquelles répondent les médecins au nom du fameux « principe de précaution ». Ceci n’empêche pas de vouloir rendre les coûts soutenables. Mais les médecins en ont assez des divers plans de maîtrise comptable qui n'ont pas dit leur nom. Ils ne sont pas que de vilains gaspilleurs de l'argent public, mais les artisans de la bonne santé de leurs concitoyens. François Bayrou leur offre une vraie vision claire, positive et un projet pour, à la fois, garantir leurs conditions d’exercice, et maintenir l’accès aux soins à tous les français. Qui dit mieux ?
N. Jouan
19:00 Publié dans Politique , Santé | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, centre, udf, présidentielle, présidentielles, politique, santé
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Commentaires
Roselyne Bachelot bosse !!
Grâce aux mutuelles qui comme chacun me sait sont des philanthropes dans l'âme, les économies pour réduire l'éternel déficit de la sécu ne se fera pas sur le dos des assurés sociaux.
Et d'ajouter que le gouvernement ne pouvait décemment pas miner davantage le pouvoir d'achat des assurés sociaux...
Mais il n'a pas oublié d'augmenter le prix de la consultation du généraliste en échange d'un engagement plus important dans le parcours de soins du malade.
Me voilà vraiment rassuré : ma consultation chez mon médecin passera d'une durée de 10 minutes à 15 minutes !!
Un vrai parcours de santé !!!
J'en profites pour adresser mes plus vifs remerciements aux Mutuelles, pour leurs contributions à la réduction du déficit de notre sécurité sociale. Je leur suis éternellement redevable...
ILS nous prennent vraiment pour des neus-neus !!!
Ecrit par : kiros | 31.07.2008









