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30.06.2008
Europe : le scrutin irlandais vu ... d'Irlande
J'ai la chance de connaître Maura Stewart chercheuse irlandaise en sciences politiques.
Elle a écrit, entre autres, un article très complet sur le non des Irlandais au référendum sur le traité de Lisbonne et je ne saurais trop vous conseiller de le lire.
il me semble important ici d'avoir le point de vue et les explications irlandaises.
Jean-Pierre MARC
23:25 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : MoDem, Europe, non irlandais, traité de Lisbonne, Maura Stewart
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L’Union-Européenne en question ?
« La diversité des cultures humaines ne doit pas nous inviter à une observation morcelante ou morcelée. Elle est moins fonction de l’isolement des groupes que des relations qui les unissent. » (1)
L’Union-Européenne a pour devoir de rassembler l’ensemble des cultures, en leur prêtant un intérêt égal afin de solidifier les rapports entre chaque nations . Seulement Les rapports de promiscuité peuvent être la clé d’élans dynamiques, de solidarité, mais aussi de rapports de force qui peuvent amener à des conflits entre groupes.
Chaque communauté s’est construite sur une volonté de vivre ou de partager des moments ensemble. On se reconnait alors par des codes identitaires communs consentis et respectés par tous.
Quels sont alors les traits, les marqueurs identitaires d’un européen ? Comment se reconnaissons-nous entre nous ?
On verra par la suite que l’on doit inévitablement parler du phénomène d’homogénéisation des cultures, cancer des nations. Est-ce une des clés du « non » de l’Irlande de ratifier le traité de Lisbonne ?
Naturellement l’Europe évolue et chaque nation assume et soulève des problèmes communs. N’avons-nous pas remarqué certains changements dans nos façon de faire ne serait-ce que pour nos poubelles ? L’Europe en prenant en compte les problèmes écologiques récurrents a su prendre en exemple certains pays novateurs afin de diffuser l’idée dans les pays membres (il reste encore des choses à faire mais l’idée est là).
Mais comment faire en sorte que la diversité des cultures devienne une amorce, le fer de lance de la coopération des nations unies ?
Dans nos rapports avec l’Autre je voudrais un jour pouvoir me présenter en tant que citoyenne européenne. Que cette qualité devienne un passeport, une clé, une identification. Peu importe du pays ou je viens, puisque celui-ci est ma racine, je suis porteur à vie de ses marqueurs sociologiques et identitaires. Je n’ai pas peur qu’on me voit plus comme une européenne que comme une bretonne puisque ces valeurs transmises m’aident à créer un échange.
N’y a t-il pas des joueurs de bombarde en Galice comme Carlos Nunez aussi performant que les bagadou de la région ? Si on se donne la peine d’aller vers l’Autre on se rend compte qu’on a parfois plus de choses à partager avec un membre d’une nation différente qu’un habitant de notre commune.
Le lien est cette toile, une connexion nécessaire et condition du partage de la culture.
L’union européenne est un arbre robuste qui est né il y a une cinquantaine d’années. Depuis il grandit, se ramifie, se rompt mais il continue à vivre et à évoluer au sein de son environnement.
Ses racines, base fondamentale, s’amplifient à mesure que se découvre les richesses culturelles de chacun.
Chaque membre de ces nations doit alors servir d’énergie nécessaire pour le maintient en équilibre des organes vitaux. J’entends ces grandes institutions, lieux d’échanges et de décisions.
Chaque membre de l’UE a alors quelque chose à gagner dans cet espace mouvant. Il est garant d’une plus libre circulation des personnes et des biens, on consolide nos efforts sur une monnaie unique , l’Euro . On peut se sentir fier et satisfait d’avoir cette double nationalité.
Etre européen c’est donc être acteur de ce phénomène d’acculturation, de ce métissage culturel .
Notre façon d’aborder la vie , le regard que l’on peut avoir sur notre société est façonné par notre héritage culturel.
Notre passé riche en événements historiques nous a laissé beaucoup de marques. Nous avons un riche passé en commun, marquées par la domination d'une vaste partie du continent par un pouvoir unique, qui s'est en général imposé par la force. Ce fut ainsi le cas de l'empire romain, de l'empire carolingien, de l'empire napoléonien, et du IIIe Reich.
L’union a toujours fait la force, elle nous a permis de détruire les grands obstacles à la Liberté comme le mur de Berlin, elle a permis de donner l’indépendance aux pays baltes , puis de donner une force aux cultures régionales en les reconnaissant. Par conséquent notre méfiance ne doit pas prendre le pas sur notre volontarisme puisque la richesse culturelle plus elle est partagée plus elle a de force. Aujourd’hui nous avons besoin de rassembler tous ces citoyens afin de parrainer notre culture européenne.
Mais que se passe-t-il quand la méfiance prend le pas sur l’envie de vivre ensemble dans une même communauté ?
Le « non » de l’Irlande suivi de celui de la Pologne n’est il pas un signe d’incertitude ?
Referons-nous encore à Claude-Lévi-Strauss qui se demande « si cette diversification interne ne tend pas à s’accroitre lorsque la société devient, sous d’autres rapports plus volumineuse et plus homogène. »
Effectivement dans ce contexte de crise économique on crée nous même un clivage ; les pauvres s’appauvrissent et les riches s’enrichissent. Soit on surf sur la vague de la libéralisation des marchés soit on subi cette vague de plein fouet tel un débutant plein d’appréhension. On s’asphyxie déjà sans connaitre les biens faits. On se méfie de tout et de tout le monde. On a de cesse de mettre des barrières entre nous.
Les moments de partage se font aujourd’hui en famille puis avec les amis ; on fait don de soi que dans des moments privilégiés ou pour des personnes que l’on connait, qui font parti de notre cercle. Vouloir se sacrifier, donner plus aux collectivités n’est-elle pas la condition de pouvoir continuer à vivre ensemble ?
Comment inciter les individus à prendre part aux instances de communication pour connaître et comprendre les actes civiques : nos droits et nos devoirs en tant que citoyens européens
Le manque de bénévoles dans les associations et surtout dans les collectivités est la preuve que l’altruisme est une qualité qui ne voudra bientôt plus dire grand-chose dans le dictionnaire. Bientôt on n’arrivera même plus à se présenter puisqu’on s’intéresse de moins en moins aux autres. Fatalement notre identité sera déclinée sur le nombre de prêts en cours et non plus sur les activités en cours. L’argent est devenu le seul moyen d’avoir un contact avec l’extérieur.
Les citoyens européens ne croient plus en l’avenir mais rallongent de plus en plus la durée de leur prêt, vivent de plus en plus à crédit. Le confort à un prix.
Mais l’huile de coude on y pense ? L’effort collectif est ce qu’est l’huile de colza pour les voitures : économique et écologique !!
Le rire est nerveux . Le temps est grave. L’Europe se démantèle, prenons ces appels au secours et phagocytons les problèmes. Allons de l’avant.
La péninsule bretonne sort ses insulaires pour faire basculer l’Europe. Allons les gars !
Par faute d’une communication efficace entre les pays membres par les diffuseurs de l’information, l’Europe va souffrir en profondeur de la méfiance de ses membres. Les panses seront d’autant plus longues à soigner que la méfiance installée.
(1)Race et histoire ; Claude Lévi-Strauss,(Unesco,1952 ;éditions Gallimart .)
Ecrit par : elodie roudaut | 05.07.2008









