04.07.2008

Economie et partage.

Le pouvoir d’agir : une leçon à tirer de notre histoire.


Pour que chaque citoyen ait sa part de la prospérité retrouvée.

En 1945, dans la France ruinée par six ans de conflit et de bombardements intenses, le Conseil National de la Résistance a voulu que ceux qui s’étaient battus pour la libération de la Nation aient aussi le droit à plus de justice économique et sociale. C’est pourquoi les décisions prises dans l’immédiate après guerre portent des valeurs de solidarité, d’aspiration à la liberté pour tous et de bien-être partagé.

De grandes avancées.

On retient à juste titre de cette période l’acquisition du droit de vote par les femmes. Ce n’est qu’à ce moment que le suffrage est réellement devenu universel en France. Cette égalité entre les sexes n’a pas réglé toutes les exclusions mais reste une étape essentielle de la conquête de la parité.

C’est aussi à cette période qu’a été créé le régime général de la Sécurité Sociale, instituant une solidarité entre les jeunes, actifs, et les vieux, retraités, entre les bien-portants et les malades, entre la Nation et les familles qui préparent son avenir en élevant les enfants qui en sont les futurs contribuables, cotisants et électeurs.

Un état d’esprit tourné vers l’avenir

A cette époque, la conquête de plus de droits se contestait peu. L’élan de la Résistance imprégnait les esprits et, pour une grande partie des employeurs, mieux valait cotiser un peu plus que risquer une frustration pouvant favoriser une radicalisation de la population. A l’époque, la peur du « bolchevisme » n’était pas feinte !.

Qui veut une politique sociale audacieuse en exige les moyens. Par les nationalisations, l’état s’est donné la capacité d’agir directement sur la vie économique et a acquis le pouvoir de veiller à ce que les secteurs stratégiques de production restent entre les mains de la Nation.

La nationalisation des mines a, par la suite, été un facteur facilitant pour la constitution de la CECA[i], premier accord installant l’Europe dans la coopération au lieu de la rivalité belliqueuse, et première étape de la création de l’Union Européenne.

Une époque difficile

Tout n’était pas parfait à cette époque. Les usines étaient détruites, les ponts étaient coupés. Les locomotives manquaient, et les voies ferrées étaient endommagées. La marine marchande, ralliée de bonne heure à de Gaulle, était décimée par la guerre sous-marine. Et surtout, la France manquait de logements dans ses villes bombardées. Pourtant, malgré la décision de conserver l’empire colonial et les guerres qui en ont résulté, malgré les dures conditions du logement, malgré la pénurie alimentaire et le maintien des tickets de rationnement, une volonté de progrès menait le peuple et ses représentants.

La France de 2008 a-t-elle quelque chose à apprendre de celle de 1945 ?

En 2008, la France ne sort pas d’une guerre. Elle n’a pas la charge de milliers de blessés et de mutilés. Elle n’a pas à soutenir des centaines de veuves et d’orphelins. Ses villes sont intactes. Ses ponts, ses routes, ses ports, ses aéroports sont en bon état. Son réseau ferré permet la circulation de trains à grande vitesse. Ses zones industrielles ne sont pas des champs de ruine. Pourtant l’état se dit « en faillite ».


Pour alléger les charges sociales et fiscales, les gouvernement successifs ont, petit à petit, vendu l’immense patrimoine industriel public constitué pendant les années d’après guerre. La privatisation de plus de trois mille entreprises publiques n’a pour autant pas permis de réduire le problème de l’emploi. Cet afflux d’argent dans les caisses de l’état ne l’a même pas empêché d’accumuler une dette de plus en plus incontrôlable. Enfin, l’état s’est révélé incapable d’imaginer un financement plus solidaire des régimes sociaux, et il ne cherche désormais à rétablir leur équilibre que par la réduction des droits des citoyens.


Pourtant, peut-on dire que la France de 2008 est en plus mauvais état que celle de 1945 ? Comment ce qui était possible dans une France ruinée mais en quête de solidarité n’est-il plus possible dans une France qui a bénéficié de soixante trois ans de paix et d’une croissance économique continue pendant cette période ? Quand chacun de nous peut constater l’échec de trente ans de promotion de l’individualisme, il n’est pas irréaliste de croire que le renouveau des valeurs de solidarité est la base de la remise en chantier d’une France de progrès pour tous.


Jacques Tanguy


[i]La CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier a été créée par le traité du 18 avril 1951 par la France, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. Ces états seront, plus tard, les six membres fondateurs de la Communauté Economique Européenne.

13.06.2008

Modernisation de l'économie?

La loi de modernisation de l’économie est elle moderne ? Oui si être moderne signifie s’adapter aux usages contemporains : prendre sa voiture pour faire ses courses, remplir son frigo, acheter son pain, son journal, et tout le reste, tant nos centres villes ont cessé de proposer une offre attractive de commerces diversifiés. Comment échapper aux centres commerciaux installés en périphérie ? A l’heure où l’on proclame sans cesse la nécessité de redynamiser et de revaloriser les centres villes, la libéralisation de l’ouverture des grandes surfaces -de moins de 1000 m² certes- va –t’elle ramener les français au cœur de leur ville ? Il est à craindre que non. Quid du petit commerce ? quid de la proximité ? et le tissu social ? de la réduction de l’émission des gaz à effet de serre ? Et la hausse du prix du carburant qui pèse lourd dans le panier de la ménagère ?
Soit dit en passant, il reste à prouver que cette loi va réellement atteindre son objectif de revitalisation de la concurrence et donc de baisse réelle des prix dans les magasins classiques : il est plus vraisemblable qu’elle va simplement, en permettant l’implantation par les grands distributeurs du hard discount alimentaire, développer une offre ciblée dédiée au segment croissant des consommateurs à faible pouvoir d'achat…
Alors moderne ? sûrement pas, car ça devrait signifier durable, équitable, humain.
On ne peut à la fois prétendre aider le petit commerce et favoriser la grande distribution. On ne peut à la fois parler écologie et condamner encore et toujours le consommateur à utiliser sa voiture pour se ravitailler.
Nicole Jouan

22.04.2008

Inflation : chance pour l'Etat plaie pour le consommateur ?

Article publié sur Agoravox

Les statisticiens français et européens parviennent à la conclusion commune d’une augmentation des prix à la consommation. Ainsi, sur un an, en France, l’augmentation serait de 3,2% et de 0,8% sur le mois de mars.

Peut-on dire que l’on assiste au retour de l’inflation ?
Pour le savoir il faut commencer par définir ce qu’est l’inflation. Selon l’INSEE il s’agit d’
une « hausse généralisée et durable du niveau général des prix ». Certes il est encore un peu tôt pour savoir si l’évolution des prix à laquelle nous assistons sera durable mais on peut effectivement le craindre. Quand à la généralisation de la hausse du niveau général des prix elle doit être ici bien comprise et pour cela essayons de caractériser à quelle inflation nous sommes confrontés.


De quel type d’inflation s’agit-il ?
Tout d’abord il ne s’agit pas d’une inflation générée par une demande trop forte par rapport à une offre de produits pour y répondre insuffisante. Cette inflation , la plus connue, touche effectivement certains pays en développement rapide (des pas émergeants comme la Chine par exemple) mais pas vraiment la France où les capacités productives ne sont pas insuffisantes.
Ensuite il ne s’agit pas plus d’une inflation due à la mise en circulation d’une trop grande quantité de monnaie par rapport à l’économie réelle. Les autorités monétaires européennes veillent scrupuleusement (trop disent certains) sur ce point en retenant le crédit par des taux d’intérêt élevés.
Non il s’agit d’une troisième forme d’inflation à savoir l’inflation occasionnée par les coûts. Admise assez récemment (suite au choc pétrolier de 1973) par l’analyse économique elle a l’originalité de pouvoir coexister avec une croissance économique faible ce qui est notre cas. On parlera alors de stagflation ce que nous avons connu après 1973 en France.
Qui dit inflation par les coûts dit coûts qui entraînent cette inflation dans le cas présent il s’agit du coût de l’énergie encore mais aussi du coût des denrées alimentaires.

Quelles en sont les conséquences principales ?
Essayons de voir maintenant les conséquences pour différentes catégories d’agents économiques.
Pour les consommateurs la problématique essentielle est celle de l’indexation de leurs revenus (salaires, traitements, pensions, allocations sociales diverses…) sur le coût de la vie deux cas de figures se présentent alors schématiquement :
1. soit leurs revenus sont indexés par le biais de mécanismes quasi automatique de revalorisation tenant compte de l’inflation (c’est le cas en Belgique et au Luxembourg notamment) et dans ce cas l’impact de l’inflation sera réduit sur le consommateur.
2. soit leurs revenus sont peu ou pas indexés sur l’évolution du coût de la vie et donc les consommateurs subissent de fortes pertes de pouvoir d’achat comme en témoignent les émeutes dites de la faim dans de nombreux pays en voie de développement.
Alors me direz vous vive l’indexation ! Eh bien pas tout à fait car cette dernière peut avoir pour conséquence d’entretenir l’inflation selon le mécanisme simple suivant les pris augmentent donc les salaires augmentent donc les coûts de production augmentent donc les prix augmentent etc. C’est pour cette raison que la plupart des salaires ont été désindexés des prix en 83-84 en France. Le SMIC est lui indexé automatiquement et avec lui les salaires et prestations qui y sont liés. Tout un chacun peut donc facilement voir évaluer les conséquences de l’inflation sur son pouvoir d’achat en vérifiant l’indexation de ses revenus.

Pour les épargnants
et les titulaires de revenus du capital l’impact sera négatif sur le pouvoir d’achat si ces revenus sont liés à des produits d’épargne non indexés sur l’inflation.

A l’inverse pour les emprunteurs à taux fixe (puisque les taux variables évoluent en fonction du marché et donc de l’inflation !) il pourra y avoir gain si face à des remboursements non indexés on bénéficie de revenus (salaires, traitements ou autres) qui eux évoluent au rythme de l’inflation.

C’est d’ailleurs dans ce cas de figure que se retrouve l’Etat français avec des emprunts à taux fixe à rembourser d’un côté et une part importante de recettes fiscales, la TVA, revalorisée automatiquement compte tenu de la nature même de cet impôt proportionnel à la valeur. Si le prix du bien augmente la TVA à devoir augmente aussi !

Pour le contribuable
encore une fois la situation sera d’autant plus défavorable que ses revenus ne seront pas ou peu indexés sur le coût de la vie.

Au total donc, pour ces quelques acteurs économiques, les conséquences de l’inflation sur le pouvoir d’achat sont liées au résultat d’une comparaison entre évolution induite sur ses dépenses et évolution induite sur ses recettes, toutes autres choses étant égales par ailleurs. Ce n’est que la différence entre l’une et l’autre qui permettra de tirer une conclusion.

Jean-Pierre MARC

25.02.2007

"La finalité de la social économie : le progès social"

Et si social et économie n'étaient pas à opposer systématiquement, et s'ils devaient se nourrir l'un l'autre dans une vision humaniste de "la vie de la cité" (traduction du mot grec politique).
C'est le concept de social-économie qui prend en compte cette nouvelle approche.


La finalité de la social-économie : le progrès social
François Bayrou 2007

"La finalité de la social économie : le progès social"

Et si social et économie n'étaient pas à opposer systématiquement, et s'ils devaient se nourrir l'un l'autre dans une vision humaniste de "la vie de la cité" (traduction du mot grec politique).
C'est le concept de social-économie qui prend en compte cette nouvelle approche.


La finalité de la social-économie : le progrès social
François Bayrou 2007