17.07.2008

A propos de la réforme des institutions

Ci dessous le texte d'une note publiée en 2006 qui reste d'actualité dans ce contexte de réformette des institutions.


Alors que nous allons fêter le 48 ème anniversaire de la Constitution de 1958 il m’apparaît, après mûre réflexion sur la question, plus que jamais nécessaire que s’engage un véritable chantier de rénovation profonde de notre loi fondamentale.
Pourquoi ?

Tout d’abord parce qu’il ne faut pas oublier les circonstances dans lesquelles est née cette constitution . Ces circonstances, qui se caractérisaient notamment par une atmosphère de quasi guerre civile voire de possibilité de putsch dans le cadre de la décolonisation alors en cours, ne sont plus depuis longtemps d’actualité et pourtant notre loi porte les stigmates .

Ensuite parce que, même si l’on a pu croire que la constitution était adaptable à l’infini, en réalité depuis quelques temps elle démontre ses limites. Certes on pourra arguer qu’elle a permis l’alternance politique de 1981 mais en réalité on peut voir là une simple continuité dans une dérive de type « monarchique ». Par contre les cohabitations l’ont mise à mal en dénaturant son « esprit » initial qui voulait une répartition stable des pouvoirs au profit d’un Président de la République maître du jeu avec un premier ministre finalement soumis. En outre l’adoption du quinquennat et du nouveau calendrier électoral finissent d’en faire un outil un peu hybride avec une signification peu évidente.

Enfin et peut être surtout une révision en profondeur de la Constitution est un moyen de faire participer les français à la mise en place des institutions qui les gouvernent. Ce que contient la Constitution l’équilibre des pouvoirs, la place et le rôle des différentes institutions publiques , les garanties qu’elle doit apporter au citoyen… Tout cela est trop sérieux pour être l’affaire des seuls « constitutionnalistes » aussi éminents soient-ils.
Ainsi il serait intéressant de discuter du rôle et de la place respectifs des différentes collectivités locales et de l’Etat (l’intercommunalité de plus en plus importante n’y apparaît pas par exemple) ; de se positionner sur la question du cumul des mandants en nombre mais aussi peut être en durée (actuellement seuls les députés peuvent y toucher mais ils pratiquent, pour nombre d’ entre eux, le cumul), de chercher à mieux garantir une justice de qualité pour tous …

Il reste la question de la méthode. Certes ce dossier devrait entrer dans le débat sur l’élection présidentielle mais il me semble que ce ne pourrait être porté et conduit avec succès qu’avec quelqu’un(e) qui rassemblerait une coalition de personnes de bords et d’horizons différents à la tête du pays une véritable « union nationale ». Le ou la candidat(e) d’un pôle ou de l’autre, quelles que soient leurs qualités personnelles et ils n’en manquent pas, auront une insuffisante légitimité (en clair une moitié de la France face à une autre moitié) pour mener à bien un tel chantier. Ce sont tous les français qui doivent pouvoir participer à la révision de leur loi fondamentale il s’agit là d’un exercice pédagogique unique. Enfin il faut se donner du temps pour travailler sérieusement temps qui se comptera en un minimum de plusieurs années. Il n’y a donc plus de temps à perdre pour se mettre au travail et c’est la raison pour laquelle je souhaitais profiter de cet anniversaire pour évoquer cette question d’un point de vue de citoyen et non de spécialiste que je ne suis pas.

Jean-Pierre MARC

20.06.2008

Calendrier : consultation des adhérents

Comme il l'avait annoncé, François Bayrou a décidé de consulter les adhérents sur « l'orientation politique du Mouvement Démocrate ». Il déposera une contribution à cet effet. Le dernier Conseil national a fixé au 20 juin le délai limite de dépôt des contributions, qui prendront la forme d'un texte d'une taille maximum de 5000 signes. Conformément au règlement intérieur, le Bureau exécutif a décidé que le vote aurait lieu par correspondance, avant le 10 juillet prochain.

18.06.2008

Non, non et ...non

Quel avenir pour le l'Europe après le non irlandais au Traité de Lisbonne, à quinze jours de la présidence française ? Même s’il ne faut pas dramatiser, le choc est incontestable. Espérons qu'il sera salutaire.
Il va falloir que les responsables européens entendent la voix des peuples, qui disent non pour la troisième fois, d’abord la France, ensuite la Hollande, l’Irlande maintenant, à l'approfondissement politique de l'Union. Ce résultat révèle les tares européennes, sur la forme et sur le fond.
Sur la forme d’abord, est-il pertinent de demander aux citoyens de se prononcer sur un texte de spécialistes, incompréhensible au profane ? On voudrait renforcer l’image technocratique, lointaine de l’Europe qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Au mieux le citoyen méfiant y voit un vernis démocratique, au pire une « embrouille ».
Sur le fond maintenant : la tare de fond européenne est d’avoir été créée – certes à l’origine pour sauver la paix – mais très vite exclusivement comme une communauté d’intérêts économiques. Elle devrait être le grand projet humain et politique du XXI è siècle : elle est une machine ultra-libérale à broyer les particularismes, sans l’épaisseur humaine propre à en faire un espoir pour ses habitants. Et ce ne sont pas les quelques initiatives culturelles et à destination des étudiants qui suffisent à en redresser l’image. L’Europe devrait défendre les citoyens et non les dogmes libéraux au détriment des personnes. A quand l'Europe sociale? La concurrence et la compétitivité ne font rêver que les patrons et les banquiers !
La plupart des Etats européens souhaitent poursuivre la ratification du Traité de Lisbonne par voie parlementaire. Seul le Président Tchèque profite de la crise pour tenter d’en repousser la date. L’Europe se fera donc coûte que coûte, mais a-t’elle vocation à se construire contre l’avis des peuples ?
A un an des élections européennes, il est temps de se poser les vraies questions : quelle identité pour l’Europe ?quel sens ? quelles valeurs dans un monde incertain ? quelle visibilité quotidienne ? comment faire que le projet européen parle enfin aux citoyens ?

Nicole Jouan

11.05.2008

Bayrou touché ... mais pas coulé !

Tel est le titre d'un article de Pierre-Luc Séguillon publié sur son blog.
Une analyse intéressante à lire.

29.04.2008

Modem : la construction passe à la vitesse supérieure

La dernière convention des élus et candidats démocrates de samedi dernier a constitué le point de départ de l'étape la plus importante de construction du MODem.
En effet le Conseil National va pouvoir être complété par le collège des élus et donc se réunir le 14 mai prochain en assemblée pleinière.
Cette réunion est capitale car elle abordera, entre autres, le règlement intérieur de notre mouvement dans les départements.
J'invite toutes celles et tous ceux qui sont intéressés par cette construction à s'inscrire à notre newsletter afin que nous puissions vous tenir informés des évolutions en cours.

Jean-Pierre MARC

27.04.2008

Le discours de clôture de la convention des élus démocrates du 26 avril 2008

Afin que celles et ceux qui n'ont pas pu se déplacer puisse en disposer voici en lien la vidéo de l'intégralité du discours de clôture.

Ci-dessous le texte intégral du discours de clôture.

Mes chers amis, Je souhaite conclure en quelques mots sur l'enjeu de notre vitalité, de notre existence, du combat qui est le nôtre. Sans reprendre tous les sujets je vais essayer de montrer qu'en réalité ce que nous portons est si original, si singulier dans le paysage politique que si nous renoncions au combat, plus personne ne pourrait relever ce genre de défi. Prenons la question la plus simple, celle qui se pose à tous les politiques depuis des années, qui est celle de ce qu'on appelle « les réformes ». Je voudrais défendre devant vous cette idée originale : nous sommes le seul mouvement qui affirme que les réformes sont indispensables mais que ces réformes ne peuvent pas se payer au prix de l'injustice. Que justice et réformes sont étroitement liées. La justice est la condition de la réforme et le moins qu'on en puisse dire - je vais essayer de le montrer - c'est que la situation que nous avons sous les yeux aujourd'hui n'est pas celle-là et qu'un certain nombre d'injustices sont provoquées par des réformes mal pensées, mal conçues ou trop bien pensées ou trop bien conçues pour le bénéfice de quelques-uns et au détriment de l'intérêt général. Nous avons un gouvernement, aujourd'hui, qui affirme, souligne le fait qu'il porte des réformes ; et une opposition, socialiste, dont le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle est réticente à l'égard des réformes.

Le mot « réforme » est un mot piégé parce que réforme, cela ne veut pas dire progrès

Un jour, quand nous aurons le temps, je poserai question devant vous du vocabulaire, du mot « réforme », de la signification du mot « réforme » qui a été introduit au début des années 90 dans le vocabulaire politique français. Je pense que c’est Edouard Balladur qui a le plus fait. Il avait fait un « dictionnaire de la réforme » et je me souviens des reproches vifs qu’il m’adressa lorsque, entré au gouvernement, j’avais avec la naïveté, la simplicité de la jeunesse, au ministère de l’Education, expliqué que « à mon avis, ce qu’il fallait à tout prix éviter, c’était une énième réforme de l’éducation ». Édouard Balladur, alors Premier ministre, avait considéré qu’en disant cela je manquais au contrat général qu’il avait tracé, écrit, du « dictionnaire de la réforme ». Le mot « réforme » est un mot piégé parce que réforme, cela ne veut pas dire progrès. Il y a des réformes qui vont dans le bon sens et des réformes qui vont dans le mauvais sens. On devrait interroger les réformes. J’ai vu que je n’étais pas le seul à l’avoir fait, que Valéry Giscard d’Estaing s’était récemment posé la même question. Ce qui prouve que ceux qui ont occupé des responsabilités éminentes peuvent avoir aussi des préoccupations profondes sur l’avenir.

Certaines réformes sont indispensables, ces réformes nous les soutenons

Je pense que ce qui est nécessaire, c’est l’adaptation du modèle français pour que ce modèle puisse se perpétuer et même s’épanouir en temps de mondialisation. Il y a des adaptations nécessaires. Mais, oublions cette question sur le mot "réforme" que nous aurons ensemble. Nous considérons qu’il y a un certain nombre de réformes absolument indispensables et que les forces qui se liguent pour les empêcher de s’accomplir, d’une certaine manière, rendent un mauvais service au pays. Je vais en citer une qui sera un sujet d’actualité dans les semaines qui viennent : il est impossible d’éluder la question de la réforme des retraites. Ceux qui voudraient ou voudront empêcher que se pose la question de la réforme des retraites vont simplement entraîner des générations entières dans les difficultés, la pauvreté, les problèmes qui se posent. Nous savons que le simple équilibre démographique, le fait que la durée de la vie s’accroisse, cela signifie évidemment qu’il faudra qu’on avance dans la direction d’un plus grand nombre de Français au travail, capables de supporter les pensions de retraite de ceux qui seront déjà au repos. La vraie question qui se pose, c’est évidemment qu’on annonce 40 années de cotisations alors qu’un très grand nombre de Français sont incapables de dépasser les 36 ou 37 années de cotisations, simplement parce que les entreprises poussent sur le bord du chemin un certain nombre de gens. Cette question de la responsabilité collective qui est la nôtre en face des travailleurs qui ont atteint l’âge de 55 ou 60 ans est d'ailleurs une véritable question. Mais il n’y a aucun doute sur le fait qu’il va falloir naturellement qu’il y ait un plus grand nombre de Français au travail pour supporter les retraites de ceux qui sont pensionnés. Il n’y a aucun moyen de l’éviter et ce ne serait pas responsable de le dire. Il y a donc des réformes indispensables. Ces réformes nous les soutenons.

Soutenir les réformes par la justice

La question est : sur qui fait-on reporter la charge de ces réformes ? Depuis plusieurs mois, depuis le nouveau gouvernement, il y un certain nombre de signes qui s’accumulent et qui sont des signes inquiétants parce qu’on accepte qu’un certain nombre de réformes en cours soient payées, équilibrées par de l’injustice sociale. Or, l’injustice sociale est intolérable et profondément nuisible pour les réformes. Nous pensons que tout le monde doit assumer le coût des réformes, le coût de la solidarité à proportion de ses moyens et que rien n’est plus insupportable que de voir le coût des réformes concentré sur les plus fragiles, sur les moins favorisés, peut-être simplement parce qu’ils sont les moins nombreux. Je veux prendre quatre exemples :

Premier exemple. J’ai entendu comme vous Nicolas Sarkozy reprendre jeudi soir cette antienne qui est celui de la justification des franchises médicales par la maladie d’Alzheimer. Évidemment, je sais que c’est une présentation publicitaire, une présentation de communication. J’ai le souvenir précis qu’il y a quelques années, lorsque Nicolas Sarkozy dans un de ses livres a repris cette idée des franchises médicales qui était présente chez un certain nombre d’esprits, c’était pour freiner la consommation médicale. Ce n’était pas du tout pour la maladie d’Alzheimer ni pour autre chose. Puis après, en cours de campagne électorale, il a trouvé cette présentation. Il a dit : la maladie d’Alzheimer, les soins palliatifs en fin de vie et le cancer. La vérité c’est évidemment que c’est une présentation parce qu’il n’y a qu’un seul budget de la santé. Je veux bien même reprendre cette justification pour dire ceci : même si c’était vrai -mais cela ne l’est pas- que c’était fait pour financer la recherche contre la maladie d’Alzheimer, ce serait profondément choquant parce que cela signifierait qu’on demande aux seuls malades de financer la recherche sur une maladie spécifique et que les bien-portant, eux, n’ont pas à prendre leur part de ce financement et de cet effort. Une dépense qui devrait être répartie à proportion des moyens de chacun, demandant plus à ceux qui ont plus et moins à ceux qui ont moins, serait mise à la charge exclusive de ceux qui sont en difficulté, de ceux qui sont malades et de ceux qui ont moins. Ce n’est pas juste et il faut avoir le courage de le dire : on doit répartir l’effort à la proportion des moyens de chacun.

Deuxième exemple. On a annoncé, il y a quelques semaines, un versement immédiat à valoir sur l’augmentation des petites retraites, versement –si ma mémoire est fidèle– de quelque 200 € et nous avons approuvé ce versement. Mais avant-hier nous avons appris incidemment, par l’intervention d’une association, que sans qu’on le dise les personnes bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) –et ce ne sont pas les favorisées– ont vu leurs cotisations URSSAF pour les aides à domicile augmenter brutalement. Pour une aide à domicile payée 700 € par mois, l’augmentation de charges est de 77 € par trimestre ce qui veut dire 310 € par an. On a retiré sans le dire, à ces personnes qui sont en difficulté, d’avantage que ce qu’on leur a accordé à grand renfort de publicité. Si c’est vrai cela a une signification précise, cela veut dire que ce sont les plus fragiles qu’on a mis à contribution. C’est le niveau de vie des plus fragiles qui a été atteint. Ce n’est pas juste, ce n’est pas notre conception de la réforme.

Troisième exemple : les allocations familiales. On a besoin, c’est sans doute vrai, d’un financement complémentaire pour la garde des jeunes enfants. À qui va-t-on demander d’assurer la charge de ce financement complémentaire ? Est-ce à ceux pour qui les choses vont bien, pour qui la vie est favorable, ceux chez qui les revenus augmentent, aux foyers plus aisés ? Non, pas du tout. On va demander cet effort aux familles en diminuant brutalement les allocations des enfants entre 11 et 14 ans, c’est-à-dire l’âge où les jeunes, les enfants qui entrent dans l’adolescence commencent à coûter le plus cher. Ceux qu’on met à contribution pour financer cette nouvelle dépense, ce ne sont pas ceux qui peuvent le plus, ce sont ceux qui ont déjà de lourdes charges. Cela ne nous paraît pas juste et cette injustice va naturellement à l’encontre de l’idée de réforme.

Quatrième exemple : le revenu de solidarité active. C’est une idée que nous avons défendue pendant la campagne présidentielle. Assurance donnée à chacun des Français que nul, venant des minima sociaux, s’il reprend un emploi n’aura à y perdre, au contraire. Nous avons défendu le principe, pendant toute la campagne présidentielle, que si on reprend un emploi, on doit y gagner. J’avais même dit y gagner au moins 100 € par mois par rapport à la situation antérieure. C’est justice et c’est un meilleur équilibre de la société évidemment. C’est une idée juste, une idée dont on nous dit qu’elle coûte cher –ce qui signifie au passage qu’il y a beaucoup de gens qui perdent de l’argent quand ils reprennent un travail. Cette idée préparée dans son exécution par Martin Hirsch, expérimentée jusqu’à maintenant à toute petite échelle –je crois qu’il y a 8000 contrats signés sur l’ensemble du territoire national– mérite le soutien. Or Nicolas Sarkozy a annoncé que son financement serait assuré par une ponction, par un transfert venant de la prime pour l’emploi. On donne aujourd’hui pour la prime pour l’emploi un peu plus de 4 Milliards d’euros, et l’on prendrait 1,5 milliard pour le mettre sur ses travailleurs aux minima sociaux qui reprennent un emploi ! Eh bien ceci n’est pas juste parce que cela signifie qu’un geste de solidarité nécessaire, au lieu d’être assumé par la nation à proportion des moyens de chacun, est assumé en réalité par les travailleurs pauvres, ceux qui seront en deçà du salaire moyen. Or c’est pour cela qu’on leur a donné un complément de revenu avec la prime pour l’emploi ! Ils sont 8 millions en France, la prime pour l’emploi est versée à ceux qui gagnent, pour un célibataire, entre 3.750 euros de revenus imposables par an, c’est-à-dire quelque chose comme le quart du SMIC, et 17.500 euros de revenu annuel. Et tous les autres, les salaires moyens, les revenus importants, les salaires confortables, les très gros revenus, tous ceux-là vont être exonérés de l’effort que l’on va faire en direction des bénéficiaires du RMI qui vont reprendre un emploi !

Notre projet de société est inspiré par la justice

Nous ne considérerons pas qu’il soit socialement juste, ni acceptable de faire payer la solidarité en direction des plus pauvres par ceux qui sont déjà défavorisés dans la société française. Il y a là une atteinte, une injustice ; et je dois le dire, je ne comprends pas cette obsession du gouvernement et de sa majorité de faire payer la solidarité par ceux qui ont moins et de ne pas mettre du tout à contribution ceux qui ont plus.
Notre projet, différent, original, consiste à soutenir les réformes par la justice et non pas de payer des réformes au prix de l’injustice. Et je suis certain qu’une immense majorité du peuple français est sur la même ligne, même parmi ceux qui ont la chance d’avoir des situations privilégiées. Je crois qu’il y a assez de civisme en France, assez d’esprit de responsabilité, pour que chacun comprenne que l’avenir du pays dépend précisément de l’esprit de justice.

Nicolas Sarkozy a dit jeudi soir « je crois au capitalisme et à la mondialisation ». Eh bien moi je crois à l’humanisme et à la justice !
Et ceci mes amis fait une grande différence, cela signe trois projets de société différents : celui qui est fondé sur l’assistance, sur notre gauche ; celui qui est fondé sur l’arrogance, sur notre droite ; et celui qui est inspiré de la justice. Entre l’assistance et l’arrogance, il y a un immense espace pour le projet de société dont la France a besoin pour son avenir. (applaudissements)

J’ai voulu prendre ce seul exemple de la justice et de la réforme parce que c’est l’actualité. Il y a ainsi sur tous les sujets une marque particulière dont je crois la société française a besoin.

Je vous le dis avec certitude : l’affirmation qui est celle du pouvoir et qui a été celle de Nicolas Sarkozy jeudi soir, selon laquelle on serait à l’équilibre des finances publiques en 2012 est une illusion pour ne pas dire une tromperie.

Il n’y a aucune chance, partis comme nous sommes, que nous allions vers l’équilibre des finances publiques, nous allons vers un déséquilibre aggravé. On a annoncé, je vous en donne un exemple très simple, cette année qui vient de s’écouler avec le nouveau gouvernement qui s’est installé, que le déficit de la France, celui qui creuse la dette, n’a pas diminué mais augmenté. Il a augmenté de 7 milliards d’euros ce qui est l’exact équivalent du « paquet fiscal » en direction des plus favorisés.

C’est avec le « paquet fiscal » qu’on a creusé le déficit de la France ! Alors même que nous disions « vous ne devez pas baisser ces impôts-là, on a absolument besoin d’aller vers un effort d’équilibre des finances publiques ».

Je vous donne ce chiffre : on a annoncé la semaine dernière 162 mesures qui faisaient suite à 95 mesures qui précédaient elles-mêmes 113 mesures qui vont être prises au mois de mai dans ce qu’on appelle la revue générale des politiques publiques. Avec ces centaines de mesures, on a annoncé qu’on allait peut-être faire 5 milliards d’économies en 2011, c’est-à-dire l’année précédent 2012. Or, on a un déficit de 52 milliards. Si on ne fait que 5 milliards d’économies, on aura toujours 49 milliards de dettes. Ce qui veut dire qu’on ne se dirige pas vers l’équilibre des finances publiques, on se dirige vers le déséquilibre et s’il y avait une justice en France, les générations les plus jeunes devraient faire un procès pour non-assistance à génération en danger aux gens qui sont actuellement et depuis des années au gouvernement.

Pluralisme politique et indépendance des médias

Nous allons avoir un grand débat sur les Institutions. Il n’y aura pas de Parlement libre s’il n’y a pas de pluralisme dans les lois électorales. Et donc naturellement nous nous concerterons avec tous ceux qui veulent aller dans le même sens, tant mieux, plus nous serons à défendre ce principe de pluralisme, plus nous aurons de chance de le faire entendre et plus la forme institutionnelle prendra tout son sens.

De la même manière, je déposerai un certain nombre d’amendements pour que soit pris en compte le principe d’indépendance des médias par rapport au pouvoir, que j’avais défendu pendant la campagne présidentielle de manière qu’on soit assuré qu’il y ait une frontière entre le pouvoir politique et le pouvoir médiatique. Tout le monde y gagnera et selon moi ce principe doit être inscrit dans nos institutions et dans la Constitution de la République.

Et vous voyez que pluralisme au Parlement et indépendance des médias, tout cela va dans le même sens parce que cela veut dire qu’on crée les conditions pour que la démocratie soit une démocratie de plein exercice, qu’enfin les citoyens puissent avoir accès à la vérité, et que leurs convictions puissent s’exprimer lorsque les débats parlementaires ont lieu. C’est la même chaîne : garantie d’indépendance des médias et garantie de pluralismes lorsqu’il s’agit d’exprimer l’opinion des citoyens à l’Assemblée nationale ou au Sénat face au pouvoir exécutif.

Quelque chose peut changer, qui nous permettra de faire progresser le pays vers ce que nous considérons comme essentiel, c’est-à-dire la confiance des citoyens.

Notre idée de la démocratie, c’est de faire progresser la conscience des citoyens

Car il y a en réalité deux visions de la démocratie.
La vision de la démocratie qui considère que tout son enjeu est d’obtenir des voix, que la fin justifie les moyens, ceux qui considèrent que les promesses sont le matériau indispensable des campagnes électorales même si elles sont illusoires et que comme on disait autrefois dans les Hauts-de-Seine « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ». Autrement dit, une démocratie fondée sur la communication, c’est-à-dire sur l’illusion quitte à ce qu’ensuite on se réveille avec des lendemains qui déchantent.
Et nous, nous considérons au contraire que le propre de la démocratie ce n’est pas seulement d’obtenir des voix, c’est de faire progresser la conscience des citoyens. C’est avec la conscience des citoyens qu’on arrive à soutenir et prendre des décisions politiques courageuses.

Si vous y réfléchissez une seconde, le trou abyssal que nous avons devant nous, nos mille deux cents milliards d’euros de dette, les dizaines de milliards de déficit que nous y ajoutons tous les ans, ça n‘est rien d’autre que l’addition des promesses illusoires, le fait qu’on a voulu bercer les citoyens de promesses au lieu de les faire progresser vers une conscience adulte de la réalité à laquelle ils sont confrontés. C’est parce qu’on leur a raconté des histoires qu’on leur a fait des dettes. Les dettes ne sont pas autre chose que les illusions matérialisées par une fuite en avant financière. Les dettes ce sont les illusions, la réalité c’est l’équilibre, et c’est ainsi qu’on aurait fait progresser le pays.

Nous croyons nous que tout est lié.Nous croyons qu’une vraie démocratie -on en est très loin France- est celle où les citoyens sont considérés comme des responsables, une vraie démocratie est celle qui définit et soutient les réformes courageuses, avec l’esprit de justice. Et tout cela se tient dans un projet de société.

Un projet de société pour la France et un projet de société pour l’Europe

Ce que nous disons pour la France est vrai pour notre Europe. Nous allons avoir devant nous un immense débat qui débouchera sur les élections européennes de juin 2009, un débat qui ne consistera pas seulement à prononcer de manière incantatoire le mot « Europe » mais à mettre un contenu à ce qu’ « Europe » signifie en termes de projet politique, de société et de civilisation.

Si, en effet, l’Europe n’a pas de projet différent des autres continents ou des autres grands modèles qui nous entourent et qui nous concurrencent, alors l’Europe ne subsistera pas. Ne gagneront que ceux qui auront un projet original. Si vous avez le même projet que les autres, vous disparaissez.

L’Europe n’existera que si elle a son projet propre en face des impératifs sociaux, des famines qui progressent, des guerres qui se développent. C’est là que nous allons porter notre attention et notre intuition.

C’est pour cela que nous sommes réunis, ensemble, c’est pour cela que le Mouvement Démocrate a vocation à exister, à définir un monde nouveau, différent. C’est pour cela que nous sommes le rempart du pluralisme et d’une démocratie rénovée en France. C’est pour cela que j’ai été si heureux de votre présence et c’est pour cela qu’ensemble nous allons conduire la construction du Mouvement Démocrate et sa proposition aux Français.

Je vous remercie de votre aide, de votre amitié et de votre soutien.

24.04.2008

Bayrou Premier Ministre ?

Dans l'édition du 24 avril du Parisien, François Bayrou répond aux questions de Martine Chevalet. Cette interview intervient alors qu'un sondage CSA le place favori pour occuper les fonctions de Premier ministre du gouvernement de Nicolas Sarkozy....

C'est un paradoxe! 39% des Français (dont 45% des sympathisants de gauche) aimeraient voir François Bayrou à Matignon. Autant dire qu'ils souhaitent l'impossible. Car le centriste se pose en premier opposant au président. Et il est en retour honni par l'Elysée où se rédigent même des notes pour l'éliminer politiquement.

MC : Les Français vous verraient bien Premier ministre de Sarkozy. Cela vous surprend ?

FB : Ils sont terriblement soucieux de l'évolution du pays. Or, depuis le premier jour, j'ai annoncé vers quelle situation grave nous conduirait la multiplication des promesses intenables. A l'époque, ce n'était pas compris, car tout le monde revait au "tout devient possible" que Nicolas Sarkozy avait choisi pour slogan. Aujourd'hui, on commence à voir la gravité des choses. Les français se demandent "qui nous avait dit la vérité?".

MC : Vous incarneriez le retour au principe de réalité ?

FB : La question principale en démocratie, c'est la confiance. Et il n'y a confiance que si l'on dit la vérité.

MC : Vous leur diriez, vous, que les caisses sont vides ?

BF : Pire que vides. La dette la plus implacable de notre histoire. On a déjà eu des dettes par le passé, mais on avait la dévaluation pour effacer l'ardoise. Ce n'est plus le cas. Désormais, la totalité du remboursement de la dette est pompée sur le travail des Français. Et on continue à creuser! Notre déficit s'est aggravé de dix milliards depuis l'élection de Sarkozy!

MC : Ce sondage ne vous fait-il pas réfléchir à votre stratégie d'indépendance absolue?

FB : C'est parce que je suis indépendant que les Français me donnent des signes de confiance.

MC : Mais même des sympathisants Modem plébiscitent votre entrée à Matignon...

FB : Je comprends qu'ils rêvent de voir un jour leurs idées au pouvoir... Mais, tant que les institutions n'auront pas changé, c'est le président qui commande. Et on ne peut gouverner valablement que si l'on est accord avec lui.

MC : Que peut dire Sarkozy ce soir pour arrêter sa chute dans les sondages ?

FB : Le problème est, à l'origine, dans sa campagne, et aussi en lui, dans ses goûts et ses choix. Or, la France est la France : un peuple de citoyens qui veulent de la profondeur, pas de l'apparence. Un homme peut-il changer en profondeur? Franchement, je n'y crois guère.

MC : Vous réunissez samedi, le candidats aux municipales et les élus du MoDem. Qu'allez-vous leur dire?

FB : Que nous avons de l'or entre les mains parce que les Français vont chercher la confiance. Qu'il faut simplement aller de l'avant.

Propos recueillis par Martine Chevalet.

18.04.2008

Une analyse intéressante sur le MoDem dans le paysage français ...

Voici ci-dessous les références d'une note publiée sur son blog par le Mouvement Alcibiade. Certes un peu longue elle analyse judicieusement la position actuelle du MoDem et de ses adhérents dans le paysage politique français.

ne vous arrêtez pas au titre racoleur "Le monstre sectaire Bayrou doit crever"

17.04.2008

Les partisans d'un retour à l'UDF mis en minorité

AFP 16.04.08 | 22h41

Les partisans d'un retour à l'UDF ont été mis en minorité lors d'une réunion mercredi soir autour du président du Mouvement Démocrate (MoDem) François Bayrou, a-t-on appris auprès des participants.
"Il n'y a plus aucune ambiguïté", a déclaré à l'issue de cette réunion de trois heures le leader centriste, qui a obtenu une "majorité très large" de "19 voix contre 6".
Par ce vote, "nous avons décidé que le Mouvement Démocrate allait continuer à se développer" et qu'il n'y aurait "pas de retour à l'UDF historique", a-t-il dit devant la presse.
Le bureau de l'UDF (26 membres au total) a été constitué lors de la fondation du MoDem, en décembre 2007, pour veiller aux intérêts "juridiques, matériels et moraux" de l'UDF pendant une période transitoire de trois ans.

Il y avait ces derniers temps "une campagne autour de l'idée que le MoDem pourrait voir un certain nombre de ses membres recréer l'UDF, et même on racontait que le MoDem pourrait se voir dépossédé par cette manoeuvre de son siège et de son financement", a ajouté M. Bayrou.
Là aussi, "nous avons fait voter, et à une majorité plus large encore avons décidé qu'il n'y avait pas de problème" de patrimoine et de financement public, a-t-il dit.
"Le financement public ira au Mouvement démocrate" et en ce qui concerne le siège, qui "appartient à l'UDF dont je suis président, il y aura une convention qui va édicter les règles", a-t-il souligné, précisant qu'il y aurait "d'autres réunions" concernant ces questions de patrimoine.
M.Bayrou a réaffirmé son opposition aux "partis à courants", précisant que dans la motion qu'il soumettra avant l'été au vote des quelque 60.000 adhérents du MoDem, "il y aura cette idée d'un parti unitaire".

Cette opposition aux courants concerne également Cap 21, membre fondateur du MoDem et présidé par Corinne Lepage, qui a jusqu'à présent conservé une existence politique.
"Nous avons eu une très large discussion, qu'on peut qualifier de franche. Il faudra que nous nous revoyons", a pour sa part indiqué brièvement M. Arthuis, le visage tendu, à sa sortie.
Parmi les nostalgiques de l'UDF, le chef de file des sénateurs centristes et trésorier du MoDem Michel Mercier, le sénateur Philippe Nogrix et le député européen Thierry Cornillet étaient également présents mercredi soir.

11.04.2008

Pour l'UMP le marché aux centristes est de nouveau ouvert

Un article, dans l'édition du Monde datée de ce vendredi 9 avril, fournit des éléments intéressants sur le débauchage des "centristes".

Son titre "Une note détaille la stratégie de l'Elysée pour contre M. Bayrou" est tout à fait évocateur.

Il est possible d'y accéder via le lien ci-dessous :

La note stratégique de l'Elysée contre François Bayrou
LEMONDE.FR | 10.04.08
.

Elle détaille les modalités de ce marché avec comme offre une réélection ou une élection et comme demande l'affaiblissement du MoDem.

Nous avons ainsi clairement, sous nos yeux, les raisons des hémorragies successives de cadres ou d'élus avant chaque échéance électorale (ici ce sont les sénatoriales qui se préparent) ! Nous étions peu nombreux à le pressentir désormais tout un chacun le sait...

L'élément positif est que si, au plus haut niveau, tant d'attention malfaisante est accordée à notre mouvement, c'est bien parce qu'il constitue une menace aux conformismes.

Plus que jamais le MoDem, comme structure de propositions novatrices, de comportements politiques différents et d'émergence d'une génération politique nouvelle, doit s'organiser au plus vite !

Jean-Pierre MARC

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